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Célébration d'ouverture

Lancement du pélé avec la messe d'ouverture à la basilique saint Pie X

le Jeudi 18 août 2011 à 09h 00

C'est sous un temps largement mitigé que les pèlerins arrivés hier se sont dirigés de grand matin vers les sanctuaires. La messe solennelle douverture fut présidée par l'abbé Jean Marc Bocquet. Elle a débuté par un accueil chaleureux des partiicpants et une présentation par Mgr Denis Lecompte, vrai temps de prière fervente pleine d'espérance animée par une chorale dirigée par Yannick Lemaire. Elle s'est conclue par des témoignages de membres des différents groupes constituant l'ensemble du pélerinage. Les Malades se sont ensuite dirigés vers la grotte.

reportage vidéo sous les photos...

 

 

 

                                               Homélie du P. J.-Marc BOCQUET.

 

                        Introduction.

 

            Il va se passer quelque chose…

            Pour vous, les nouveaux pélerins, déjà, vous allez d’étonnements en découvertes. Petit conseil : ne vous laissez pas enfermer dans le superficiel. Laissez-vous guider au-delà de la vitrine. Il y a bien mieux à découvrir.

            Pour vous tous, n’ayez pas peur de jouer le jeu du pélé. Prendre du temps. Poser son sac. Regarder sa vie, et celle des autres, en vérité. Chercher, se sentir porteurs de tous ceux qui nous envoient.

            Et on va trouver…La  RENCONTRE.

            Avec des gens. Différents, mais faits comme nous. Avec un cœur, du désir, des soucis et des souffrances, de l’envie de vivre.

            Avec Bernadette. Une fille qui aurait compris du premier coup les gens de chez nous. Ce n’était pas un top model ou un mannequin, une « traideuse » de la jet set. C’était une fille comme les plus précaires de chez nous. Méprisée, rejetée, moquée par les gens de la « bonne société » lourdaise.

            Avec Marie. Elle a choisi la plus humble, celle qui ne savait pas lire ni même parler français. Nous-autres, nous voyons bien que, comme nous sommes, nous avons tout ce qu’il faut pour être choisis.

            Avec Jésus, que nous montre Marie. Vie, action, Parole de Dieu, qu’il nous désigne comme un Père, un papa, Abba.

 

            Bien sûr, nous ne sommes pas obligés de suivre ce chemin-là. Mais au bout du pélerinage, vous verrez, il sera plus clair, plus net, plus engageant, comme un appel au bonheur et à la paix…

 

                        Homélie.

 

            Vous êtes impressionnants. Impressionnants de diversité : l’âge, l’origine, le milieu social ou professionnel, l’état de santé, la sensibilité.

            Et pour chacun, être ici, c’est une chance. Une occasion si rare de

-         prendre du temps.

-         de rencontrer plein de monde, des gens qu’on n’a plus vus depuis 40 ans, des personnes de toutes nationalités. Qui en sont tous au même point, avec un désir de paix, de bonheur, de santé, avec leurs galères et leurs simples bonheurs.

On vient ici avec des demandes, pour nous, et pour les autres.

On sent que, pour un temps, les nuages s’écartent. On a le sentiment qu’on va trouver, quelque chose. Ou peut-être, Quelqu’un.

            Et qui vient-on trouver ici ?

Quelqu’un de confiance. Pour nous sentir écoutés, respectés, tenus pour importants.

            « Elle m’a regardée comme une personne », disait Bernadette en parlant de la Vierge. Pouvoir dire ce qu’on a sur le cœur. Ce dont on ne parle qu’aux intimes. Sans crainte d’être moqué, mis à l’écart. Sans crainte de formuler nos demandes les plus fortes. Dans le train, j’ai vu avec quelles demandes vous veniez. La santé d’abord. Les couples qui ne vont pas bien, l’affection, la solitude, le travail. La paix.

 

            Et ici, nous poursuivons l’expérience de milliers d’années, de Dieu avec son peuple : « J’ai vu la misère de mon peuple. J’ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée… » Et celle de Jésus : « Si vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père, qui est aux cieux, donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ? »

            Une longue Histoire, que celle de Dieu avec son Peuple. Avec une ligne de force constante, une colonne vertébrale : notre Dieu est PERE. Par-delà les âges, NOUS sommes le peuple de Dieu, qui poursuit son chemin au 21ème siècle.

Voilà pourquoi tant d’entre nous viennent ici la mémoire et le cœur tournés vers des personnes qui nous on quittés. La route continue. Nous faisons vivre ce qu’ils nous ont transmis. Ils sont là, avec nous, pour toujours.

 

            Quelqu’un de confiance. Et quelqu’un qui donne de l’Amour.

Vous le percevez bien, il y a ici une « ambiance ». On se sent exister. Les malades sont premiers, on leur cède la place. Dans notre société, si dure aux blessés de la vie, il n’en n’est pas de même…Une atmosphère, un bon air qu’on respire, par le regard que nous portons les uns sur les autres. Je rencontrais hier une fille qui me racontait : « J’ai vu une maman qui avait l’air fâchée. A cause du regard que les gens portaient sur son enfant handicapé. On s’est presque disputées. Je ne comprenais pas bien. Quand elle est partie, j’ai embrassé son enfant de tout mon cœur. La maman à son tour m’a embrassée : elle avait les larmes aux yeux. Elle m’a dit merci». Pas compliqué. Mais ça change tout.

            L’expérience qui nous est proposée à Lourdes : percevoir que ces regards de bienveillance viennent d’au-delà de nous. De plus loin. Du Bon Dieu, qui agit par nous.

 

            Quelqu’un de confiance, et d’Amour. Quelqu’un qui se laisse découvrir.

            Notre Dieu n’est pas une puissance militaire. Il n’est pas un souverain régnant, indifférent ou capricieux, maître des éléments et des forces naturelles.

            Il est PERE. Papa.

Les chrétiens font cette expérience de nommer Dieu Père. C’est même sans doute la seule foi religieuse qui parle ainsi. Sa seule toute-puissance est celle de l’Amour à l’œuvre. Et nous, nous en sommes les témoins.

            Vous, les personnes malades : à vous sentir aimés, et pas comme une « charge », comme selon les normes budgétaires. A vous découvrir capables de ressusciter des personnes en bonne santé physique.

            Vous, les hospitaliers, qui passez votre temps, votre énergie, votre compétence, votre générosité et votre argent à vous « défoncer » pour les personnes malades. Gratuitement. Et à vous surprendre capables de donner beaucoup, et de recevoir encore plus.

            Vous les jeunes, si habiles à vivre la fraternité, par-delà toute frontière, l’international, parce que vous vous reconnaissez tendus vers un même bonheur à atteindre. Vous, si à l’aise à faire éclater votre joie de vivre au milieu de tous les brouillards de la vie.

            Nous tous, par de simples gestes de respect, à table ou dans la rue. Par les cadeaux que nous ramènerons. Vous le savez bien, leur valeur n’est pas l’argent que vous aurez dépensé. C’est le cœur que vous mettez à penser à ceux qui les recevront.

Par les prières que nous déposerons à la Grotte, pour tous ceux qui nous les ont demandées.

 

            Comme il est vivant et fécond, ce courant de respect et de tendresse ! Comme ça vaut la peine de l’entretenir, de l’amplifier, de le ramener par chez nous !

            Ce n’est peut-être pas la règle liturgique, mais j’ai envie de vous proposer de terminer en nous tournant vers

 

            NOTRE  PERE, QUI  ES  AUX CIEUX…

 

 

 

                                                           P. J.-Marc BOCQUET

 

                                                           3, Place Ste Remfroye

 

                                                               59220  DENAIN

Article publié par Marc BEAUMONT • Publié Jeudi 18 août 2011 • 2620 visites

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