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Messe de l'onction des malades

C'est à la basilique saint Pie X que la messe avec le sacrement des malades a été célébré avec les premiers jeunes du diocèse de retour des jmj de Madrid!!! un geste rempli d'émotion pas seulement pour les malades

                             Lourdes, Basilique souterraine, 22 août 2011.

 

                                               Homélie du P. J.-Marc BOCQUET

 

 

            Si l’on regarde bien l’histoire de Jésus, il passe son temps à inverser les injustices. A prendre parti pour les blessés, les humiliés, les petits. Ils étaient méprisés, mais, pour Dieu et Jésus, ce n’était pas juste. Ils avaient droit au RESPECT. A la considération de leur DIGNITE.

 

            Et ça commence avec Marie. A l’Annonciation, ce n’était pas, comme on se la représente, une femme mûre, adulte. Elle pouvait avoir 13 ans. En Palestine, les fiançailles, c’était entre 9 et 13 ans. Une gamine. Et en plus, condamnée à mort. Elle était enceinte d’on ne sait qui. Présumée adultère. Joseph aurait pu la traîner sur la place publique, et la faire lapider, par les hommes, bien sûr, de son village. Une fille déchue, méprisée, refusée, quoique enceinte dans les auberges du village de son fiancé. Vous vous imaginez le voyage à Bethléem, enceinte de 8 ou 9 mois. Dramatique. Et puis une grotte, la crèche. Sale, encombrée des déjections des animaux. Tiens, comme ici…La fuite en Egypte, parce que l’enfant était menacé de mort par un tyran.

            Bernadette, c’est pareil. Une gamine, méprisée, misérable. Etonnez-vous qu’il y ait ne complicité enter les deux, et qu’elle ait été choisie.

            Et pour Jésus, ça continue. Cette affection pour les indignes, les possédés, les étrangers , les malades. Ceux-là que Dieu veut près de lui, comme ses enfants préférés.

«  Je te rends grâce, ô Père, d’avoir caché ces choses aux sages et aux savants, et de les avoir révélées aux tout petits. »

 

            Les personnes malades… L’Evangile regorge d’épisodes de guérisons. D’aveugles, de paralysés, de lépreux, d’épileptiques…Mais…pas pour l’exploit, pour passer pour un guérisseur puissant. Pour que la personne guérie puisse réintégrer le monde où elle vit, sa famille, sa ville ou son village, sa vie professionnelle, son réseau de relations…

            Une explication. Il y avait, au temps de Jésus, des mentalités à changer. Largement inspirées par la religion. Les malades étaient vus comme des impurs, des indignes, des maudits, des coupables. Eux, ou leur famille. « Qui a péché, lui, ou ses parents ? », demandent les disciples, bons juifs, à Jésus. Jésus perçoit l’injustice de cette condamnation. Il affronte l’opinion publique. Les malades, impurs, il les touche, les relève, les libère, les met en avant, les fait venir à lui. Il les réintègre dans leur société.

            Et il témoigne, proclame leur dignité. Il efface leur honte, leur fait honneur. Il les « consacre », à l’égal des prêtres, des prophètes, des rois. Qu’on consacrait avec de l’huile parfumée. Tiens, voilà l’huile, celle de l’onction que vont recevoir les personnes qui l’ont sollicitée.

 

            Mais aujourd’hui ?...On ne considère plus les personnes malades comme impures. Encore que…Rappelez-vous le traitement qu’on réservait aux personnes atteintes du SIDA. Je me souviens de cette gamine de 6 ans, décédée d’une méningite foudroyante. Sa sœur, qui l’avait conduite à l’hôpital, vient me voir en me disant : « J’ai été voir une copine. En partant, je vais voir sa mère. Elle me dit « Ne me touche pas »…Comment sont considérées les personnes malades de l’alcool ? Pour Bernadette, c’était la tuberculose. Ce ne sont plus, de nos jours, les religions qui façonnent les mentalités d’exclusion. Au contraire, elles seraient plutôt à prendre le parti des exclus injustement. Mais ce qu’on entend… « Les malades coûtent cher. Ils font peur. (« On pourrait devenir comme ça… »). Ils mobilisent des énergies, des ressources. Ils font des trous dans le budget ». Hommage au Dieu finance…Même résultat : on risque de reléguer, d’exclure, d’isoler dans des espaces sanitaires hors de la vue des gens, de mettre sur le côté.

 

            Jésus s’est mis en travers de cette tendance, à son époque. L’Eglise, corps de Christ, est invitée à faire pareil. Pour proclamer la dignité de tous. Votre dignité, à vous, les personnes malades et handicapées qui êtes ici rassemblées. Proclamer la valeur du cœur qui vous habite. De votre courage. De votre lucidité, à vous les personnes atteintes dans leur chair, dans leurs capacités. Qui mieux que vous, peut comprendre ceux à qui on annonce qu’ils sont atteints d’un cancer ? Ce coup de massue, dont on ne se remet pas. Qui, mieux que vous, comprend le désespoir de ceux dont le traitement échoue ? Qui mieux que vous, peut comprendre le combat pied à pied de tant de gens, pour contenir la maladie. Les relations qui s’éloignent. La dépendance. Les contraintes du traitement. La solitude ?

            Mieux que quiconque, vous comprenez Jésus à la Passion.

 

Cette onction que vous allez recevoir, c’est la proclamation de votre DIGNITE. Parce que vous vivez quelque chose de la Passion du Christ.

Il vous comprend. Il est tout proche. Je ne sais si les sages et les savants peuvent comprendre ça.  Mais nous tous, nous savons bien que Jésus est là, près de nous…

 

            Et on  a une arme.

            Une petite histoire, arrivée à Bernadette.

            Le comte de Broussard, un aristocrate impérial, incroyant, libertin, sûr de lui comme les gens de la haute société de ce temps-là, vient la visiter pour la mettre en défaut, et prouver qu’elle ment. Il la trouve « vulgaire ». C’est comme ça qu’on dit dans ce milieu à propos de ceux qui ne sont pas de leur monde. « Faites-moi le sourire de la Vierge », demande-t-il à Bernadette.

« Il faudrait être du ciel pour faire ce sourire », répond Bernadette…

« Pour moi, je suis un incrédule, je ne crois pas aux apparitions », dit le comte. Le visage de Bernadette s’assombrit. « Vous croyez que je suis une menteuse », dit-elle. Désarmé, le monsieur est sur le point de tomber à genoux et de lui demander pardon.

« Puisque vous êtes un pécheur, je vais vous refaire le sourire de la Vierge», dit Bernadette.

« Depuis, écrit le comte de Broussard, j’ai perdu ma femme et mes deux filles. Mais il me semble que je ne suis pas seul au monde. Je vis avec le sourire de la Vierge. »

 

Notre arme, c’est le sourire. Tout ce que je peux vous souhaiter de mieux, c’est de vivre avec le sourire de la Vierge….Ca commence aujourd’hui….

Article publié par Marc BEAUMONT • Publié Lundi 22 août 2011 • 4293 visites

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